Saison 2 / 4 · mars → mai
Printemps
« La vigne se réveille, et tout peut encore basculer. »
Côté vigne
Le réveil de la sève
Mi-mars : la sève remonte et perle au bout des sarments fraîchement taillés, on appelle ça « les pleurs de la vigne ». Puis vient le débourrement : les bourgeons éclatent en bourre cotonneuse. Premières feuilles, puis croissance rapide. Vers mai-juin : la floraison, de minuscules fleurs blanches discrètes.
Côté vigneron
Sculpter la croissance
Ébourgeonnage
Suppression des jeunes pousses inutiles (gourmands) pour concentrer l'énergie de la vigne sur les sarments fructifères choisis à la taille.
Palissage et relevage
À mesure que les sarments grandissent, on les attache aux fils tendus entre les piquets pour les redresser. La vigne devient un mur de verdure organisé.
Premiers traitements préventifs
Bouillie bordelaise (cuivre) contre le mildiou, soufre contre l'oïdium. En bio comme en conventionnel, on agit dès les premières feuilles : c'est la course contre les maladies.
Zoom du mois
La floraison décide tout
10 à 15 jours en mai-juin. Si le temps est beau, la fleur « noue » bien : chaque fleur devient une baie. Mauvais temps = coulure (fleurs qui tombent) ou millerandage (baies de tailles inégales). Le rendement de l'année se joue ici.
Côté risques
Les risques
- Gelée tardive (avril, « mois cruel »), qui peut détruire les jeunes bourgeons en une nuit
- Grêle locale et imprévisible, capable d'anéantir une parcelle en 10 minutes
- Coulure si la météo est pourrie pendant la floraison
Lors d'une nuit de gel, les vignerons allument des bougies entre les rangs, des chaufferettes à fioul, ou aspergent la vigne d'eau (la glace qui se forme protège paradoxalement le bourgeon). Certains domaines louent un hélicoptère pour brasser l'air et casser l'inversion thermique.